საქართველოს - Géorgie... De la Mer Noire à Tbilisi sa capitale...

Vendredi 3 janvier 2014

p1020969.jpgp1021002.jpgLa statue de Medea avec la Toison d'Or, que Jason et les Argonautes sont venus chercher après un long voyage depuis la Grêce... Selon le mythe, Medea tombera amoureuse de Jason et l'aidera à voler la toison, lui apportant santé et joie. Medea c'est aussi à l'origine de la pharmacie et la médecine moderne...

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Je quitte Batumi et ses casinos par un temps clair et frisquet. Dernière “ligne droite” ! Allégé de mon compteur kilométrique qu’un Géorgien a jugé bon de me délester dans la nuit. Un peu plus de 450 kilomètres me séparent de Tbilissi la capitale. Je retrouve rapidement le rythme du vélo en solo et découvre tout aussi rapidement la conduite Géorgienne. La seule règle qui prévaut est : le plus gros et le plus rapide a gagné!!! Autant dire que je fait pas le malin !!!

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Je dois longer sur une soixantaine de kilomètres la Mer Noire avant de virer vers l’ouest dans l’intérieur du pays. Une route bucolique et très passagère qui ne manque pas de cols et de montées parfois bien rudes. Pause de midi au bord de la Mer sous le regard des pêcheurs qui font sécher leurs filets sur la plage.
Après trois jours en Géorgie, je dois avouer ne pas avoir pu vraiment faire connaissance avec les Géorgiens. La barrière de la langue n’aide pas, mais je n’arrive pas à décrocher beaucoup de sourires ni de moment de discussion. J’ai un peu le sentiment de traverser un territoire en mode “invisible”.
Il est tard et j’ai bien roulé, la forme des jours post-repos!! Je traverse depuis pas mal de kilomètres une zone marécageuse et vraiment sauvage. Niveau place de bivouac je ne vois rien qui vaille. A l’approche d’un des rares villages, je vois une zone parfaite mais gardée par des militaires armés jusqu’aux dents!!! Je file le chemin de terre jusqu’à leur rencontre. Je me dis que peut-être??? Et au moins je dormirai tranquille!! La réponse est sans appel je dois dégager... Zone stratégique du terminale pétrolier!

Le soleil est déjà bien bas et je vais tenter ma chance dans le village. je tente la discussion avec deux jeuns à la casquette à l’envers! Pas de réponse! Je cherche à atteindre la plage non loin mais tout est barricadé. Je tente le coup avec un plus vieux qui m’indique un passage. Je le suis et tombe sur une magnifique pinède au bord de la plage... au milieu de nul part. La plage est jonchée de détritus plastiques en tout genre et de bois flottés. Reliques de ce que la mer rejette les jours de tempête. Je pose ma tente et rapidement des villageois viennent ramasser du bois. Je tente de discuter pour me présenter mais rien à faire! Ils passent leur chemin, l’air vraiment dubitatif en voyant la tente et le vélo!!!

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Ca ne me rassure pas trop mais je fais avec. Coucher de soleil merveilleux ne garantie pas nuit tranquille!!!

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La nuit sera juste horrible! Je ne sais combien de chiens errants il y avait dans ce coin perdu, mais toute la nuit ils roderont et ne cesseront de hurler, l’air de dire “nan mais c’est quoi ce truc qui ont foutu sur notre territoire”... Dormis comme un marin en pleine tempête! Pas bien reposant.

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Au petit matin, le calme est revenu!!! Le soleil est là pour réchauffer l’air vif. Il a encore bien gelé cette nuit. Je décolle impatient de pouvoir passer une bonne nuit! Je reçois un texto de France vers midi. Pierrot m’indique que des amis Géorgiens de Fancois son frère, m’attendent à Tbilissi... Je dois les contacter au plus vite! Une bonne excuse pour trouver un hôtel et internet ce soir.

p1041073.jpgp1041076.jpgp1041070.jpgMaisons Géorgiennes.

Je force un peu l’allure malgré le petit vent pour rejoindre Samtredia, une petite ville au pied des géants du Caucase. Je traverse la ville, ses rues typiquement Géorgiennes où les constructions “made in ère soviétique” se tiennent debout tant bien que mal! Un contraste assez anacronique avec le parc automobile Géorgien fait de gros 4x4, BMW et mercedes de grosses cylindrées avec qui je “partage” la route. Je vous rassure la Lada et la bonne vieille Moskvich indestructible se font encore une belle place!!!!

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Ma découverte des Géorgiens reste toujours aussi froide!!! Et la négociation du prix de la nuit d'hôtel bien difficile!!! Mais je peux avec succès contacter Zaza. Il m’attend à Tbilissi et sera au petit soin pour moi.

p1051118.jpgp1061151.jpgLes tondeuses Géorgiennes en action... Vaches et cochons sont en liberté même en pleine ville.

Je reprend la route après une nuit “reposante”! malgré la Tech Russe à fond de watt que la boite de nuit qui juxtapose l'hôtel diffuse jusque tard dans la nuit. Je reprend la route sous l’air toujours aussi dubitatif des Géorgiens que je croise. Le vent s’est levé et je l’ai dans le nez!!! pour changer.

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Mes espoirs kilomètriques du jours seront revus à la baisse! Mais cette belle journée de soleil me fait toucher du doigt les Géants du Caucase qui culminent au loin, à moins de cent kilomètres à vol d’oiseau.

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Je n’ai personne avec qui partager ce moment, mais voir de si proche ces montagnes, ces géants de 5000 mètres dont j’ai rêvé depuis si longtemps sa fait un truc... Au pied je croise les premières vignes Géorgiennes... Le Baïcchus Tour touche au but.

p1051128.jpgInstallation "Norme GE"!p1061135.jpgN'imaginez pas qu'elle fait parti du décors! Non non elle démarre encore au quart de tour...

Après une soixantaine de kilomètres une station service est là au bord de la route un peu  avant la grosse ville suivante. Perdu en pleine campagne, l’endroit est parfait. Les locaux sont pour une fois beaucoup plus chaleureux... Commencerai-je à percer le Géorgien?
En tout cas on me propose tout ce qu’une station service Géorgienne offre comme service? Je vous passe les détails!?!

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Enfin une nuit reposante, sans chien ni rôdeur! un must. Seul un carton avec une voiture de flic sur la route viendra perturber le petit matin! De la tôle froissée visiblement, rien de bien grave! Dans le genre cow-boy au volant les flics étant peut-être les pires! il n’est pas étonnant que de temps en temps il y ait des loupés!!!

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Ce matin, le soleil est toujours au RDV mais le vent n’a pas changé de cap... je ferai avec! Aujourd’hui je quitte la plaine et entre en montagne... Vent, froid, dénivelé positif, panne de freins auront raison une nouvelle fois de mes espoirs kilomètriques. Dans une descente , les freins ne répondent plus, je gère au mieux!! Les plaquettes du frein arrière se sont fait la malle!!! Je freine avec les pistons qui par la même occasion perdent de l’huile!!! Arrêt obligatoire dans le magnifique petit village d’Ubisi perdu en pleine montagne. Le hasard a bien fait les choses.

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Je cherche un coin abrité du vent, au soleil couchant pour réparer et poser la tente. Un bâtiment au bord de la rivière est parfait. Le village semble plutôt désert. Je commence à réparer quand je perçois de la musique s’échapper du bâtiment voisin. Je frappe et entre. Zlavatan, 74 ans, ébéniste et menuisier y travaille encore... Quelques phalanges en moins!! Mais le talent intact.

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Pas facile de se comprendre mais quand quelqu’un remplis deux grands verres de rouge il y en a forcément un pour moi! De sa confection me fait-il comprendre! AAAAAHHHHH! je tente de maitriser mes réflexes incontrôlables de mimiques de quand on ingurgite un truc qui nous soulève le coeur!!!! valait mieux l’enfiler cul-sec celui-là, parce qu’en deux fois j’aurai pas pu! Heureusement la bouteille en plastique est vide!...OUfff. Géorgie, pays du vin, welcome!!! J’ironise...La suite démontrera tout le talent des Géorgiens, et même les vins de garages “house made” comme ils disent se révèlent parfois surprenant de finesse.
La nuit s’annonce froide. Je suis réveillé à neuf heures par deux types pas bien clairs qui semble-t-il voulaient juste s’assurer que j’étais bien le Français à bicyclette dont tout le monde parle surement au village.
Pas bien rassurant mais ils s’éclipsent comme ils sont venus et la fatigue aura raison de moi. Il y a toujours ces petit bruits qui me sortent du sommeil dans ce genre de nuit. Mais au petit matin je me sens au top. Je suis pourtant matinal, mais quand je remonte le chemin du village, un cochon fraichement saigné trône à l’arrière d’une Moskvitch dont je vous laisse découvrir la customisation raffinée des phares!

 

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Le boucher n’est autre que l’un des visiteurs de cette nuit, qui malgré les verres de rouges et de vodka était encore plus matinal que moi et avec toute la lucidité pour achever ce joli bébé!!!

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Je suis invité à venir boire un coup pour fêter la mort du cochon autour du chaudron bouillant... A 8h00 du mat, rude! Je m’échappe en ayant bien conscience que je les ai un peu décu. Derrière la rusticité du premier contact, les Géorgiens sont très chaleureux et accueillants, mais la recette pour y accéder n’est pas évidente.
Avant de reprendre définitivement la route, je monte me recueillir quelques instants au Monastère St George d’Ubisi. Un magnifique monastère construit au IXème siècle où neufs moines vivent et prient.

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Le programme de la journée, montées, montées et encore monter! Je continu à croiser régulièrement des parcelles de vigne accrochées dans des coteaux bien exposés. Souvent des hybrides. Des productions purement familiales. De nombreuses échoppes de produits artisanaux bordent la route. On y trouve de tout “fait main”, du panier traditionnel, aux poteries en passant par le miel et les instruments de musique traditionnels.

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J’y croise également deux ou trois producteurs de Qvevris, ces amphores Géorgiennes qui ont motivé en partis ce voyage. J’y reviendrai dans un article sur cette technique unique de vinification qui date de plus de 6000 ans.

p1071216.jpgp1071215.jpgAmphores Géorgiennes appelées Qvevri, qui servent à la vinification.

Le Tunnel sous "escorte"...

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Je suis motivé et compte bien rejoindre la ville natale de Staline, Gori, ce soir. J’atteins le col qui me permet de basculer coté Sumari et Gori en tout début d’après-midi. Un tunnel d’un peu plus de deux kilomètres permet de chuinter le col réel. Je pose le vélo contre les engins de déneigement et prépare gilet et frontale en mode clignotant rouge. A peine le temps de sortir les affaires, deux types surgissent et m’emmènent dans une petite cahute de chantier me réchauffer!

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Je comprend bien vite que je viens de dire “oui” à une “embuscade”. Six bons gaillards m’accueillent a grands coup de “მივესალმები ჩემს მეგობარს!!!!” Des restes de repas dans les assiettes, une grande bouteille plastique de rouge “house made” à peine entamée. Le temps de prendre place, j’ai un verre à la main ... je veux pas savoir combien de types ont bu avec depuis la dernière fois qu’il a vu de l’eau!!! J’ai définitivement percé les Géorgiens.

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A la manière très solennelle Géorgienne, chacun y va de son “toast”, les verres trinquent et ils défilent... Quelques morceaux de Hatchapouri (délicieux pain au fromage Géorgien), pour éponger, la grande bouteille à sa petite soeur en blanc!!! Je ne peux pas y échapper. J’ai beau insister... “No problem my friend!”, on boit encore un coup ou deux et après on y va!!! Mon espoir de rejoindre Gori s’étant évaporé au fil des verres!!! Je veux tout de même passer le tunnel à une heure descente! Mes hotes ne sont autres que les agents qui s’occupent de l’entretien du tunnel et du déneigement.
Tout le monde se met en  branle, ils ont décidé de monter une escorte pour que je puisse passer le tunnel en sécurité!!! J’ai l’impression de voler ... pédaler n’a jamais été aussi facile! Le rouge sa dope... Mon escorte me salut à grand coup de “ხსნის” et coups de klaxon à la sortie du tunnel... Le rouge est un dopant efficace mais éphémère!!!

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Je lutte une quinzaine de kilomètres, à la sortie du village suivant, une chapelle et son terrain plat est trop tentant. Les moines et passants s’inquiètent et me prennent pour un fou! Il va faire -15 cette nuit!!! Je résiste en expliquant que dans un tel endroit il ne peu rien m’arriver. Dieu saura me garder d’une mauvaise nuit!!! Cela semble les convaincre, après la bénédiction d’un moine, tout le monde s’en retourne.

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Le temps s’est couvert dans la soirée et ça sent la neige!!! Avant minuit ça ne manquera pas. Tempête de neige, elle durera toute la nuit. Au petit matin les flocons s’estompent et au moment de partir j’ai même le droit à une percée du soleil... Féérique.

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La route détrempée et ultra fréquentée le sera beaucoup moins. Dure journée pour le vélo et le bonhomme. A Gori, après cinquante kilomètres je jette l’éponge, trempé, frigorifié, sale comme rarement, je rêve d’une douche chaude. Ce soir c’est Hôtel.

p1081292.jpgLa mule citerne a aussi le droit à sa plaque!

p1081308.jpgJolis sommets du Caucase, des Mont-Blanc et autre Cervin version Caucase à profusion...

p1081318.jpgLes vendeurs de fruits que l'on croise un peu partout...

p1081331.jpgUne douche et au lit!!!

Vendredi 10 janvier 2014.
Encore 85 kilomètres avant Tbilisi. Je n’y crois pas du tout!!! Et pourtant ce matin, j’enfourche mon vélo pour peut être la dernière étape du Baïcchus Tour. Soleil de retour, gros son dans les oreilles, et sommets Caucasiens en toile de fond... Le bonheur de pédaler. Le vent a même fait un effort aujourd’hui et il me pousse! Ma petite fée ne m’a pas quitté... Elle devait être fatiguée hier soir, car mes pompes de vélo ont disparu dans la nuit!!! Je les avait laissé sécher dehors et elles auraient finies à la poubelle!!!! Pas bien tout compris!

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Peu importe, ce n’est pas ça qui va m’arrêter!!!
J'enfile les kilomètres vers Tbilissi. La neige et les montagnes laissent place au fur et à mesure à un paysage plus désertique, plus aride... La conduite Géorgienne elle ne change pas!

p1101341.jpgp1101350.jpgMa team au "ravitaillement"...

p1101356.jpgMtsheta.

p1101358.jpgJvani monastary.

La ville de Mtskheta, la première capitale du royaume de Géorgie et le monastère de Jvani perché sur sa colline marquent l’entrée de la vallée de Tbilisi. Encore quelques kilomètres et le panneau -TBILISI- est là... J’exulte de joie... J’en cris de bonheur seul au bord de cette autoroute... Je ne réalise pas du tout mais je l’ai fait et qu’est ce que je suis heureux.

p1101363.jpgYiiiiiheessssssssss!!!!

Les derniers 20 kilomètres pour atteindre le centre de Tbilisi c’est juste trop facile!!! Un dernier petit clin d’oeil de ma petite étoile, met sur ma route Gio. Un jeune cycliste, le seul croisé depuis des mois qui rentre de son tour. Il m’escorte jusqu’à mon point de RDV avec Zaza mon contact Géorgien, ami de Francois. Je dois le rencontrer à “Freedom Square” où trône fièrement St George, le saint protecteur des voyageurs! Encore un beau clin d’oeil!

p1101372.jpgGio tente d'appeler Jumber... parce qu'en plus ils sont amis!

L’aventure n’est pas fini pour autant! Je ne rentre en France que dans une quinzaine de jours... Reste à en savoir un peu plus sur les vins Géorgiens. Zaza me sera d’une aide précieuse et d’une gentillesse formidable.
Il me réserve une autre surprise! La rencontre avec Jumber Lezhava. Peu être le cycliste tourdumondiste le plus fou qui soit! Je ne vous en donne que quelques détails pour vous aguicher! A 54 ans il a entrepris un tour du monde de 10 ans, non-stop, à travers tous les déserts et les jungles du monde, 500 000 kms de voyage dont 300 000 à vélo! Respect total, extraordinaire, impressionnant...

p1111373.jpgTbilisi

9 234 Kms cumulés

Commentaires

Bon, on a déjà eu l'occas' d'en parler mais c'est beau d'avoir fait tout ça !
En te lisant j'ai une pensé ému pour ma vieille LADA d'il y a quelques années. Fait la bise à ces p'tites soeurs.

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