ΟΛYΜΠΟΣ 2917m - Divine providence.

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L’histoire débute avec Dimitri, (le sosie éloigné de John Lenon)... Il est en formation de sculture sur bois à Kalabaca, la ville a côté des météora et loue la petite maison du camping. Il me présente quelques coins de ce magnifique massif des météors et ses monastères perchés.

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On discute pas mal et m’invite mercredi à une soirée avec ses potes. Une bien cool soirée dans un bar typiquement Grecque. Musique, match de foot, tapas Grecque, la soirée est animée et bien vivante. Tous les âges se côtoient. Entre anglais et ma première leçon de Grecque, les verres de Tsipouros défilent. C’est le Pastis Grecque ! je ne suis pas très fan, mais par politesse je joue couleur locale.

J’ai dans l’idée d’aller faire l’Olympe dans ma traversée de la Grèce. Son plus haut sommet, résidence de Zeus dans l’antiquité... un passage donc obligé!?!

Au fil de la conversation j’émet cette idée à deux ou trois... Tout le monde est de suite emballé. Le plan germe et après quelques surf sur le net, le plan parait réalisable. La soirée se termine bien tard et on se donne RDV le lendemain pour finaliser les choses.
Au petit matin, les mails défilent et une fois l’alcool évaporé, une bonne partie se remémore qu’ils avaient déjà des choses de prévues!!! Athanasia est la seule super motivée. Si je m’occupe de l’aspect montagne, elle, sera une parfaite organisatrice... téléphone, réservation du train et carte en alphabet Grecque!!! Le plan est bouclé jeudi soir. Rendez-vous le lendemain 8h00 à la gare de Kalabaca, pour deux heures de train direction Litochoro, le village au pied de la montagne.

Deux heures de sommeil supplémentaire et le train nous dépose au milieu de nul part, comme savent le faire les Grecques. Première surprise?! On est bien loin de la ville!!! Mais la divine providence qui nous accompagnera jusqu’au retour, prend les choses en main.

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Il est dix heures et la nuit tombe à 18h00. On a deux options pour rejoindre le refuge Spilios Agapithos situé à 2000 mètres où nous passerons la nuit avant l’ascension. Huit longues heures depuis Litochoro ou choper un moyen de rejoindre le parking de Priona qui nous laisse à 3 heures du refuge.

Les huit heures est une option un peu longue pour Athanasia pas très montagnarde ni entrainée. Reste à trouver un moyen de rejoindre Priona dans un pays ou l’auto-stop n’est pas très démocratisé!?

La horde de taxi nous attend donc à la gare, habitués à ces touristes qui croient débarquer en plein village!!! Le tarif est dissuasif et je refuse de payer si cher pour 6 kms de route. La première voiture est la bonne, deux copines se rendent au village et nous embarque! Trop facile le stop.

Au village on fait quelques emplettes... pains et patisseries délicieuses pour le lendemain. Une nouvelle horde de taxi est habitué à prendre le relais pour monter les touristes à Priona... Pas de bus pour faire ces quinze-vingt kilomètres de montagne. Le tarif est encore plus dissuasif!!! Mais le business est bien rodé. L’heure tourne et je ne veux pas arriver trop tard au refuge.
Voyager avec des gens du pays est un vrai luxe qui facilite vraiment les choses. Athanasia tente de soudoyer quelques locaux pour nous monter... rien à faire. On se poste à la sortie du village et se donne une petite heure pour être pris. Après cette heure on décide qu'on lâchera nos billets! pour la bonne cause, c’est pas tous les jours qu’on fait l’Olympe!!!!

Athanasia met tout son coeur pour tenter de convaincre les quelques voitures qui passent, mais rien à faire. On se résigne presque, lorsqu’une voiture s’arrête. Dimitri et Katerina, un  couple de septuagénaire en vadrouille n’a absolument pas idée d’ou se trouve “Priona” et filent vers Thessaloniki, mais pourquoi pas qu’ils nous disent!!! Athanasia se charge de la conversation et des petites histoires... Ils sont ravis de nous avoir montés! Inespéré, ce fut finalement d’une simplicité extraordinaire!

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14h00 on décole de Priona. Le sentier est fabuleux avec ses couleurs d’automne. Pas grand monde. C’est un vrai plaisir de cheminer en montagne de nouveau. On croise la mule frogo... Très bon concept je trouve!

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pa259365_0.jpgAvec de telles trouvailles ... on ne pouvait qu'avoir de la chance!

Trois bonnes heures nous amènent au refuge avec les derniers rayons du soleil. On retrouve Charles, un “jeuns” plein d’énergie qui nous a doublé comme une flèche à la montée. Son accens anglais me fait vite comprendre qu’il est Français. Il voyage avec ses parents qui arriveront juste après. Des Niçois, les premiers Français depuis bien longtemps.

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Pas grand monde au refuge et c’est très international. Tout le monde échange sur ses aventures du Mythikas ... Elsa, Charles et Francis m’invite a taper le carton avec eux ... L’occasion de discuter en Français.

Reveil à 6h30, pour un lever de soleil d’anthologie sur la mer et la Mont Athos au loin.

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Exposé est, le soleil ne tarde pas a apparaitre et à nous réchauffer malgré l’altitude. La forêt de pins laisse place à un univers très minéral, pelé, grandiose. Quelques chamois olympiques au loin, tracent la montagne à toute allure. Le calme est absolu.

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L’arrivée au lieu dit Skala marque la fin du sentier. Pour rejoindre la demeure de Zeus et le Mythikas il faut alors s’aider un peu de ses mains. Si il n’y a rien de difficile, c’est un peu long. L’itinéraire suit l’arête puis la face sous le sommet. La pente est fuyante et ne donne pas le droit à l’erreur, sinon la chute risque d’être divinement fatale.

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Pour Athanasia, l’aventure prend des airs qu’elle n’avait pas suspecté!!! Et il nous faudra beaucoup de patience et de temps pour passer chaque petit pas de grimpe un peu plus gazeux et “technique”.

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Mais après tant d’efforts nous foulons enfin Mythikas, le plus haut sommet du massif de l’Olympe. Alexander, un jeune Grecque fougueux et plein d’humour est là pour nous accueillir. Il en profite pour parler Français! Qu’il maitrise très bien... Encore une fois je prend conscience à quel point, en France on est vraiment à la rue niveau langue étrangère.

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Le sommet ne tarde pas à se remplir de nouveaux conquérants... Bulgares, Tchèques, Grecques... Tout se petit monde savoure la vue mythique bien entendue!!! et les appareils photos se passent de mains en mains pour immortaliser ce moment.

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Notre train de retour est à 17h20 à Litochoro, le village en bas. Pas trop le choix c’est le seul!!! Je suis septique sur notre capacité à l’atteindre. La descente est une seconde épreuve pour Athanaisa!!! Avec temps et patience on arrive à tout! Mais le temps défile et je deviens de plus en plus septique!!!
Enfin nous atteignons Skala, pour une petite pause, la suite devrait être plus rapide. Le rythme est bon mais l’heure bien avancée. Il est 15h30 quand nous rejoignons le refuge. Je me dis que c’est tenable. Je file devant et trace en courant jusqu’au parking de Priora, 45 minutes plus tard j'atteins le parking.

Plusieurs voitures partent au moment où j’arrive... trop tard! Je bois un coup bien mérité et recroise Charles et ses parents, Elsa et Francis. Ils sortent juste du resto trop bondé... Ils ont décidé d’abandonner l’affaire. Une chance inespérée!!! ils s'apprêtent à redescendre à Litochoro.
Francis est septique sur la capacité de la twingo de loque à nous descendre tous les cinq!!!! Un peu d’organisation et nous nous engouffrons dans la voiture, sac sur les genoux... largement assez de place! On profite une dernière fois des lumières fabuleuses sur la forêt de feuillus et ses couleurs automnales.

Dix minutes avant l’arrivée du train, la twingo nous dépose ... Parfait. Le temps de se saluer et de remercier Elsa, Charles et francis, nous reprenons le train. Encore une journée bien pleine. Le hasard avait encore parfaitement orchestré les choses... il suffisait d’y croire.

Retour à Kalabaca tardif. Mythique quoi!

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5 352 Kms cumulés

Commentaires

Qu'est-ce que je disais...

Il faut y croire. Il y a une bonne fée au-dessus des cyclos ! Et encore plus au-dessus des cyclos grimpeurs qui sont encore plus "gradés" que les simples cyclos.
Bravo, continue, c'est toujours une joie de te lire.

A+

Magnifique rando. Qu'est-ce que tu tiens dans ta main gauche sur l'un des photos? Un caillou? On ne distingue pas très bien.
Est-ce que tu connais le dieu grec Kairos et la notion qui y est associée ? Ta journée faite d'opportunités saisies, de patiences en attendant le bon moment et de hasards chanceux m'y a fait penser. Le dieu grec Kairos est représenté par un homme qui ne porte qu'une touffe de cheveux sur la tête. Quand il passe à proximité, soit on ne le voit pas ; soit on le voit et on ne fait rien ; soit au moment où il passe, on tend la main pour attraper sa touffe de cheveux et on saisit ainsi l'opportunité qui se présente. Kairos, c'est le dieu de l'occasion saisie (ou pas si on le laisse filer). Avec Chronos (temps linéaire), Kairos crée une dimension supplémentaire dans l'instant, une sorte de profondeur. C'est l'emboîtement de l’action dans le temps, le moment où les deux concepts se rencontrent (occasion/opportunité). Bon chance pour la suite de ton voyage !

Et n'oublie pas de saisir sa tignasse à pleine mains si tu le croises sur ton chemin, hein...

Merci Sandrine pour cet instant culture... J'hésite quand même un peu à choper toute les queues de cheval que je croise!!!!!
Merci à tous pour vos lectures et commentaires.
Micka

Comme quoi le voyage réserve encore de bon moments et qu'ils y en as bien d'autres qui t'attendent !

Bonjour de deux motards rencontrés en croatie au camping de kastela stari. notre périple à nous c'est bien terminé après 9500 kms. nous sommes heureux de voir que le tien se continu bien. bonne continuation.

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