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Des Dolomites au Triglav...

Récit d’une belle traversée avec les Caillaux’ brothers.

En montagne quand une pierre tombe, il est d’usage de dire “ATTENTION CAILLOUX” moi personne ne m’a dit “ATTENTION CAILLAUX” et c’est deux d’un coup que je me suis pris!!

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Alors qu’ils se délassent au bord du lac de Garde après avoir bartassé à la recherche de la via ferrata perdue, je remonte le val di Cembra vers le coeur des Dolomites. Ils me rejoignent tardivement à Predazzo sous l’orage!!

Je suis bien heureux de retrouver Nico et Simon son frère... Revoir des potes ça fait toujours plaisir, alors après pas mal de temps à barouder seul, c’est encore plus top. Ils sont enthousiastes et ça promet un bonne virée.

Ils laissent la voiture au camping... la mission sera de la retrouver dans une dizaine de jours!
Le rythme n’est pas de suite effréné! Premier départ vers midi! bon il fallait bien tout sécher après l’orage de la nuit! Une petite journée, au coeur de montagne aux faces à faire tourner en bourrique un grimpeur contraint à pédaler!. Heureusement on a dans les sacoches bodard et longes pour via ferrata, c’est toujours ça.

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Courses, pizzas! et premières côtes... les frangins sont rapides, je suis à la traine avec ma carriolinette trop chargée.
Enfin c’est au pied de la Marmolada que nous nous installons pour le premier bivouac. baignade, coucher de soleil magnifique... C’est bien parti.

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Nous décollons le lendemain pour une bonne journée en direction de Cortina d’Ampezo.
Deux beaux cols sont au programme... avec des routes taillées dans le raide!!!

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Premières impressions racontées par Nico et Simon :

Les frangins bicyclette partent à la recherche du fameux Mickaël. A travers les montagnes et les cols, il n’est pas facile à débusquer... Ma qué! c’est un vélo d'assaut qu’il chevauche, actionné par des mollets d’aciers et un mental bien trempé. Nous commençons à douter de nos capacités à pédaler à ses côtés...
Finalement, c’est dans un camping que nous le cernons, où il se réfugiais rattraper par la nuit et l’orage. L’histoire de notre voyage à trois commence alors. Nous l’appellerons la traversée des Dolomites en tricycle.

Je vais tout d’abord vous parler du passage de col et du plaisir des descentes effrénées, qui se font littéralement sans freins. Car je tiens à préciser que les frangins bicyclette n’ont pas trop confiance en leur matériel et en particulier leurs plaquettes de frein qui couinent sévère...
Les premiers virages se font sur la réserve, à petite vitesse, de peur de s’envoyer dans le décors, bien que celui-ci soit magnifique!  Puis la confiance monte, les doigts se décrispent, les blousons se gonflent, le vent siffle. Enivré, les frangins bicyclette découvrent cette sensation nouvelle et immortelle de liberté.
“La lutte vers le haut laisse place à la légèreté de se laisser attirer par la gravité”
Nous chante micka, le père du Baïcchus Tour. Oh cette sensation d’ivresse il l’a connait, lui qui s’enchaine 4 cols à la journée, lui qui traine avec acharnement sa cariolinnette de 50kg pour prendre encore plus de vitesse à la descente. C’est sur qu’il nous met dans le vent, nous les ptits enfants.

Et le plaisir de monter les cols, on en parle pas?
Hein, la joie de pédaler fort, de mouliner beaucoup, de suer énormément, de pester à la folie?
Tout ça pour hisser son vélo de quelques centaines de mètres d’altitude.
Au début c’est bien, on sent les odeurs agréables des fonds de vallées, les effluves de sève de pin, la fraicheur des ruisseaux cristallins, la beauté des premières fleurs de montagnes, le chant du pinçon des arbres.
Puis la sueur monte aux yeux, les motards déroutent les sons, les camions mélangent les odeurs. Rien ne vas plus, on est dans le rouge..
Vite une pause sur le bord du torrent. On se lave les yeux à grandes eaux et le nez et les oreilles...ouf, l’atmosphère redevient limpide, l’air montagnard est de retour. Une poignée de cacahuète et on repart de plus belle!
Mais voilà, à force de grimper, on prend de l’altitude. Un vent frais se lève dans ce jour qui s’achève. On pédale maintenant pour se réchauffer. Le col est en vue, plus que trois virages, l’avidité de voir de l’autre côté commande nos jambes, les derniers mètres se font en danseuse. Victoire... Passo Giau, 1200 m de dénivelé positif.
En plus, il y a un bar au col, on va célébrer notre ascension dans l’art de l'amitié tout en contemplant le coeur des Dolomites.

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Monté, descente, haut, bas, vitesse, lenteur... le compteur kilométrique s’efface devant le cumul des dénivelés. De retour en France, je me fais le col du Galibier, juste pour rigoler!

Merci Micka, c’est un plaisir de pédaler à tes côtés et de discuter de ton épopée

Les frangins bicyclette, Simon et Nicolas  “

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Nous bivouaquons quelques virage sous le Passo Giau... Un coin paradisiaque...

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Instant gourmandise!

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Petit feu, baignade succincte ... Pasta oblige et bon vin... quoi demander de plus!

Mais les lieux sont déjà habités! Maître Goupil nous a vu arrivé de loin!!! Il attend que l’on se soit endormi pour sévir! Je crois d’abord a un remu-ménage des frangins dans la tente voisine et n’y prête pas vraiment attention. Après, je me dit que c’est Nico qui fait les placards la nuit!!! Mais au bout d’un moment on se dit tous que y a un truc qui cloche! On se lève les pieds trempés par la rosée... le constat est sans appel, Maïtre Goupil s’est fait la mal avec nos p’tits-dej pour deux jours??? Il a du se faire une de ces indigestion!?!

Heureusement il n’a pas touché à la polenta!!! En même temps, faut être motivé. On se prépare donc une belle casserole de polenta-eau-miel-confiture en p’tit dej... et on décole bien léger!? direction les Tre Cime di Lavaredo.

p8128513.jpgFace sud des Tre Cime di Lavaredo.

Entre temps il faut encore grimper, mouliner... On se pose au bord du lac de Misurina... pour les premières réparations de Simon.

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On se décide finalement à monter en direction du Rifugio Auronzo tard dans l’après-midi. La pente vraiment raide aura raison de nous, et nous trouvons un petit coin tranquille pour bivouaquer juste avant la nuit.
Au petit matin, Nico est la première victime de l’eau parfois pas trop clean!!! avec laquelle on s’abreuve. Pourtant ce soir là on est plutôt limite en cette denrée.

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On termine de bon matin les derniers virages vraiment abominables qui mènent au rifugio, au pied des mythiques Tre Cime di Lavaredo. Je suis si heureux de pouvoir contempler ces faces qui me font rêver depuis si longtemps... J’y reviendrai avec chaussons et coinceurs, c’est si beau. Nico s’octroie une sieste géante d’une journée au pied de ces belles montagnes pour récupérer...

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Avec Simon on se fait une grande balade autour des Tre Cime, avec en prime la via ferrata du Cime Paterno. Encore une journée bien remplie!!!

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p8138552.jpgFace nord des Tre Cime di Lavaredo, de gauche à droite, la Cima Piccola-2857m, la Cima Grande-2999m et la Cima Ovest-2973m.

L’orage ne tarde pas à montrer le bout de son nez! Nous contraignant à rejoindre le bivouac de la veille. Ma tente transformée en tente mess nous permet de manger au sec en attendant que ça passe! Eh pour attendre que ça passe rien de mieux que la poire à Pierrot et les énigmes des frangins...
Le torrent juste à côté nous inquiète un peu! à sec au moment de planter la tente, il est maintenant gros et bruyant! je ne dormirai que d’un seul oeil. L’orage durera toute la nuit.

Au petit matin, tout est moite, voir détrempé. On ne sera pas très efficace aujourd’hui. La première ville rencontrée et son camping nous accueilleront pour un repos et un séchage des affaires bien mérité!

Le lendemain nous cheminons à travers cols et moyenne montagne vers la Slovénie, que nous croyions atteindre le soir!!! Erreur, la route est encore bien longue et accidentée. Nous trouvons refuge sur la grève d’un torrent près de Paluzza, bien entamés par les 75 kilomètres accidentés de la journée. La nuit étoilée  et la température douce nous invite à une nuit à la “belle”... La rosée est finalement plus importante que prévu... pas si bien dormi que ça!? Heureusement certains ont quatre bras?! et ça aide...

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Ce matin, on se dit “c’est sur”, ce soir on dort en Slovénie! C’était sans compter le dernier col “Passo Lanza”. A force de prendre les petites routes, avec une carte trop peu précise, de vrais cols apparaissent là où on en avait envisagé peut être un petit?!?

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On commence par une montée interminable (image ci-dessus?!?) et une descente d'anthologie (on a vraiment eu peur nous aussi?!? mais les 18% c'est pour la descente !!??) ... une terrasse de café ombragée ne nous fait pas résister à l’envie d’un bon expresso et d’un jus de fruit. Il faut pourtant repartir, le Passo Lanza nous attend... 1300 mètres de dénivelé plus haut. Tout le monde nous prévient pourtant ! “ouh lala mais c’est que sa grimpe!!! même les gars du Giro (Tour d’Italie) ils en bavent”.

Bon bah c’est parti, on verra. la route est étroite, raide mais tranquille. Elle chemine à travers la forêt dans un vallon totalement sauvage. En court de route, après quelques kilomètres raides, une auberge salvatrice apparait en pleine foret “La Cason”. Le patron est authentique et ses saucisses aussi. Un régale après tant de repas, “pâte-sauce-tomate” ou “riz-thon”!

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Evidemment, après, c’est sieste obligatoire!

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On repart tout de même vers ce col encore trop loin... La descente qui succède à l’auberge n’est pas bon signe car ne fait qu’augmenter le ratio distance / dénivelé à parcourir... Ces derniers kilomètres seront juste terribles, surement les plus terribles que j’ai eu à faire!!! Dans ces moments il ne faut pas penser au pourcentage. On a beau espérer après chaque virage que la pente s’adoucisse, ça ne vient jamais!!! Il faut juste se concentrer sur son équilibre et appuyer sur les pédales. L’effort est violent et le gros repas de ce midi rapidement consommé!

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Enfin c’est le col, son auberge, et la bière bien méritée! Nous bivouaquerons dans ce lieu magnifique.

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Au petit matin, oui... enfin nous sommes sur que la prochaine nuit sera en Slovénie. Mais il reste encore plus de 70 kilomètres à parcourir. Une piste cyclable rend cette journée bien agréable. Nous passons la frontière Italiano-Slovène en début d’après-midi.

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A Kranjska Gora, on comprend vite qu’ici on est Slovénie et que notre Italien rudimentaire ne nous sera d’aucun recours. Nous ne connaissons pas un mot de Slovène... et le “Ciao” international n’a pas d’effet sur les gens que nous croisons!!! On ne peu même pas essayer de copier le “salut” local, personne ne nous le lance! On se contente alors de “EuHou” enfin de truc qu’on invente pour essayer de percer le Slovène... rien à faire.
Les premières courses en supermarché et les tentatives de communication avec la vendeuse de charcuterie un échec cuisant!!! On a cru qu’elle allait vraiment s’agacer!!!

Finalement, vaut mieux parler anglais... c’est encore le plus simple!

Les sacoches pleines, nous filons en direction du Triglav. Le plus haut sommet de Slovénie, qui marque le bout oriental de l’arc Alpin.
Nous ne sommes pas pressés et nous gardons cette ultime montée pour le lendemain. Une grève sauvage nous offre un merveilleux lieu de bivouac... baignade frisquette, feu géant et énigme pour animer la soirée.

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Demain matin c’est dimanche alors pas de réveil à 6h00... grasse-mat, petit dej et sieste post-petit-dej! oui on a aussi le droit de se reposer!
En fin de mâtiné on reprend la route, la journée sera longue! pas si tranquille mais sur un rythme de dimanche après-midi....

La suite des aventures dans l’article “Triglav”...

Mais avant... Pourquoi, oui pourqoui ?

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Commentaires

Jouïa Micka, c'est pourtant compréhensible non...

Je suis content de te lire, tu l'as très bien relaté cette traversée mythique des Dolomites; on ressent bien l'omniprésence des cols à franchir et la beauté des Bivouacs toujours proche d'une rivière bien fraiche.

Et t'as raison, i Tre Cime di Lavaredo sont à refaire en les tâtant du bout des doigts et les grattant du bout des chaussons. Je n'oublierais pas ma doudoune la prochaine fois!

D'ailleurs on commence à s'équiper pour le Mont blanc et à se faire les chaussures à nos pieds pour le départ du Goutter. Sommet envisagé le 17 septembre. Inch'halla

Simon a prévu la traversée de la Meije du Promontoire à l'aigle en bivouaquant au milieu des arrêtes, accompagné des tontons aventuriers, Christophe et notre padre.

Côté vigne, demain on fait des vendanges en vert chez les Deplaudes pour faire du verjus. Ce we je tiens un stand à la fête médiéval de Vienne pour faire connaitre la cuisine au verjus très prisée au Moyen-age et ses vertus divinatoires, je m'éclate bien à déclamer mon baratin!!

Allez l'ami, Bon coup de pédale et bon vin
Nico

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