Italie > Grêce - Retour au voyage...

Un mois de travail !!! même si les 650 euros en poche au moment de partir me le font presque douter!!! Il était grand temps de reprendre la route.

pa149205_0.jpgMatin de vendange. Lever de soleil sur les Abruzzes.

pa149206.jpgEt le Gran Sasso, 2912m.Vue depuis le domaine.

Je pense partir, mercredi 16 octobre au matin. Un peu plus de 130 kms me séparent d’Ancona au nord sur la côte Adriatique. Je dois y prendre un ferry pour la Grêce. J’ai envi de prendre mon temps. La “crève” m’a mis le grappin dessus depuis deux trois jours et ne me sens pas d’attaque pour faire cent bornes d’une seule traite.

Mais avant de partir en ce mercredi, j’attend ma paie?! Midi, rien ne se passe! absence de la concernée... Je patiente. 14h, apparition, grand sourire et humour sur tout le travail que je laisse!!! Vraiment je suis odieux?! Pour les comptes il y a un souci de concordance entre mes heures et celles que Stéfania a noté?!

Je revérifie. 16h, le problème persiste. Je sais alors que je devrai reculé mon départ à demain. Le diné se passe et je comprend, que je devrai rediscuter chaque jours et chaque heures travaillées. Deux heures ou je crois halluciner... Je sauve ce que je peux et repars avec mes clopinettes?!

Cette dernière petite pirouette de Stéfania a laquelle je m’attendait presque, n’enlève rien au superbe accueil et aux bons moments de travail que j’ai partagé avec les gens qui viennent travailler au Domaine. Emmanuel, Oenologue, très cool et très pro, viré cinq jours après mon arrivé!!! Donatella, pour sa gentillesse et son sourire à toute épreuve.

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La team des ragazzi locaux. Pierre-Simone et Andre qui ont été des profs d’Italien attentifs et extrêmement patients... Pas le choix c’était notre unique langue pour communiquer et travailler! Jessy, son attention, son anglais aux accents Indi et son humour toujours très subtile.... que je remercie infiniment pour ne pas avoir fini la niche aux chiens qui auraient du arriver deux semaines avant mon départ. Deux gros Bergers Allemands sa met du temps avant de ne plus hurler la nuit?! Voisins dérangeants surtout quand leurs niches est juste a la porte de mon 9 m2.

Le soleil est au RDV ce jeudi matin. Les lumières sont plus blanches, plus froides. L’automne est bien installé. Il me faut bien du temps pour boucler la cariolinette. Le mal de tête tenace n’est pas seul en cause. C’est toujours un peu dur de quitter une certaine sécurité. Se remettre en voyage, c’est s’en remettre à l’inconnu, à la quête chaque soir d’un lieu pour mettre la tente.

Mais je m’arrache à ce lieu, enfin. Quelques coups de pédales... J’en avais oublié à quel point mon chargement était lourd.

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Aujourd’hui fait parti de ces jours ou malgré le soleil qui brille, on en "ch...". Les jambes pédalent par complaisance envers l’esprit trop tourmenté. Je me pli par fatalisme à la destinée que je me suis choisi... pédalé vers la Géorgie!!! La mer bleue azure pourtant splendide peine a titiller mon sens du beau habituellement aux avant poste. Et pourtant que c’est beau.

Je tente, la technique d “un estomac bien rempli, c’est un moral au beau fixe assuré?!” Je gagne une envi de sieste monumentale. Je m’affale sur la plage à l’ombre d’un cabanon abandonné pour un long roupillon. Au réveil l’esprit divague mais les jambes savent qu’il faut garder le cap. C’est reparti. Au bout de 95 kms, il est 16 heures... Je suis cuit... Je n’ai qu’une hate... DORMIR.

Je trouve par miracle dans ce bord de mer surpeuplé une zone inhabité, dédié aux patures et cultures. Seul un resto est là planté au bout d’une longue route bordé d’olivier. Mon instinct voit encore une fois juste. Le boss m’offre sans souci un bout de terrain à l’écart pour poser ma tente. Je pensais retourner prendre une bière pour le remercier... mais le sommeil sera plus fort! et la nuit bien frisquette et humide.

Le lendemain, il me reste un quarantaire de kilomètres pour rallier Ancona et le ferry. Embarquement à 12h30. Just on time, je passe le guichet pour récupérer mon ticket. Mon vélo fait bien sourire l’équipage Grecque ... je parais bien petit a côté des poids lourds qui composent la cargaison principale du bateau.
C’est partis pour 20 heures de traversée. J’ai pris un siège inclinable mais j’aurai toute la place nécessaire pour installer mon thermarest et de quoi dormir confortablement.

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La Grêce...

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Petit matin frais a Igoumenitsa. Il est 8h00, heure locale quand je débarque dans ce nouveau pays dont je comprend biensur pas un mot ... l’alphabet grecque n’adant pas!!!

pa199227.jpgUn peu dur de ce remettre en route. La première bonne surprise est qu’enfin je retrouve un pays où l’on sait faire du pain et les pâtisseries un vrai régale. La crêve ne s’est pas échappée pendant la traversée et n’aide pas a retrouver l’enthousiasme du voyage et la motivation. Il faut pourtant que je file.
Des la sortie de la ville, ça grimpe ... la Grêce c’est avant tout un pays de montagne!!! Je m’en rend compte très rapidement. Le soleil brille sur cette route déserte et ces montagnes bien sauvages. Cette partie nord de la Grêce me rappelle d’ailleurs beaucoup la Corse!!! Peu de village, souvent à moitié abandonnés... des montagnes à perte de vue, sauvages, entrecoupées de quelques pâtures et oliveraies, beaucoup de panneaux “attention aux vaches” mais je n’en ai croisé qu’une dizaine!!!... Les rares autochtones, sont en treillis et en pick-up et leur principale activité semble être la chasse, leur cible préférée les panneaux de signalisation... tous criblés d'impacts. A une différence près, et elle est de taille, ils sont accueillants et souriants!

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Je trouve sur le bord de la route, une mamie toute de noire vêtue, comme partout ici dans les campagnes, affairée dans son jardin. Je tente de lui expliquer que je veux un peu d’eau!!! en langage des signes c’est encore assez simple! Elle revient un sac plein de clémentines juste cueillies pour moi... Si je n’ai pas trop le moral, l’accueil Grecque saura me le redonner!!!

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Il est tard quand je trouve un village, complètement perdu dans la montagne. Je suis a sec d’eau pour ce soir. Je demande l’eau au bar! et tente d’expliquer que je cherche un coin tranquille pour poser ma tente. Beaucoup plus compliqué en langage des signes!! Mais encore une fois, sa marche! Je suis installé entre deux maisons sur un petit coin de pelouse. Mon passage doit rapidement faire le tour du village, car j’ai le droit à beaucoup de passage de gens qui passent dans la ruelle, “l’air de rien”. Ivangelos, 91 ans est l’un de ceux-là... Alors pour lui pas question que je passe la nuit dehors dans son village. Je suis prestement invité à dormir chez lui. Vaillant comme tout, il parle trois langues couramment, Grecque, Turque, et Bulgare... pas de chance pour moi, je ne parle aucune des trois!?! Alors on passe une heure a papoter sans se comprendre l’un l’autre, la carte d’Europe comme support de discussion. Je tombe de fatigue, et son accueil salvateur me permet d’échapper a une nuit bien fraiche, 2°C au petit matin!!! On prend le petit dej en regardant le “petit écran” et ce n’est pas un vain mot!!! qui retransmet la matinale Grecque, visiblement très animée!? Il est temps de repartir en remerciant infiniment la générosité d’Ivangelos.

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La crêve semble vouloir se calmer, mais le brouillard matinale et les deux degrés sur cette route perdue, ne rendent pas l’effort beaucoup plus cool! Ca monte et ca monte encore. Enfin le soleil apparait derrière le premier col de la journée et réchauffe mes mains et mes pieds congelés. C’est dimanche et je dois rejoindre la grande ville de Ioannina, avant de repartir en direction de Metsovo, le seul vignoble de montagne Grecque. J’arrive pour midi, à Ioannina. Je demande mon chemin et encore une fois on me dirige vers l’auto-route! car pour les gens prendre la vieille route et ses cols, une idée complètement folle. Le vélo c’est plus simple sur l’auto-route qu’ils me disent!!! Pour nous Francais, c’est un peu curieux!!! mais ici motards et scooter roulent sans casque, alors un vélo sur l’auto-route c’est une question de bon sens!

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La route de Metsovo est une succession de trois cols, par une route déserte qui a certains endroits prend des airs de piste. Je n’atteindrai pas avant la nuit ce joli village perché à 1000 mètres d’altitude. Fatigué par ces montées descentes usantes, je m’arrête une vingtaine de kilomètre avant Metsovo, au seul village que je trouve. Je demande un coin pour poser ma tente mais ici les gens semblent méfiants! Je dois un peu insister pour que le patron d’un bar accepte que je squatte un bout de terrain à côté de sa maison. Mais la grand mère débarque et prend les choses en main... “biensur que vous pouvez rester là!!!” Je me couche avec le soleil ... 19heures ... et ferai une nuit de douze heures.

Le matin est encore une fois frisquet et humide de rosée. Difficile de se mettre en route, tout est moite et froid. Un bon onglet pour commencer la journée, rien de tel pour se motiver. Je me réchauffe au bar avec un caffé Grecque. 9h30, le soleil n’est toujours pas là, mais il faut reprendre la route!.

Metsovo, Katara Pass, 1700m
Une nouvelle journée de soleil, radieuse. Quelques kilomètres dans ce paysage de montagne aux couleurs d’automne magnifique et je fais ma première rencontre avec les chiens !!! A détour d’un virage, cinq molosses sortis de nul part se mettent à me courser! Mal de tête ou pas... j’ai donner tout ce que j’avais dans cette montée! Un dernier waaff rageur et ils me laissent partir. J’avais juste traversé leur territoire!

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J’arrive enfin à Metsovo, déception, ce vignoble de montagne est en réalité tout petit.

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Une colline recouverte de vigne au milieu de la vallée en contrebas. Je m’attarde un peu dans cette très belle ville de montagne et reprend la route vers le col de Katara. Ca monte et ca monte encore.

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Si je ne croise que quelques rares 4x4... les chiens ont sus me rappeler que la montagne est avant tout à eux!!! Chaque troupeau de brebis est laissé libre. Une compagnie de cinq à dix chiens est là pour garder le troupeau et si la plupart sont cool et passe leur temps à roupiller sur le goudron chaud, il y en a toujours un plus reloud pour me sauter dessus et me courser!!! à chaque fois un bon stress pour mes mollets... car franchement ils rigolent pas.

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Une mer de montagne de part et d’autre, j’arrive enfin à Katara Pass. Je suis bien entamé  mais heureux d’avoir atteint ce col sauvage, dans un paysage et des lumières grandioses.

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pa219300.jpgLe soleil brille mais le fond de l'air est piquant!

La suite c’est 50 kilomètres de descente jusqu’aux Météors ... qu’on m’a dit. Je me dis que maintenant c’est gagné. La carte trop peu précise ne me permet pas de me rendre compte des dénivelés. Une ou deux courbes de la route sur la carte me paraissent tout de même suspectes!

J’enfile les 20 kilomètres après le col à toute allure sur cette route totalement déserte. Je passe la rivière et là je sens le truc venir gros comme une maison!!! Y a pas que de la descente!!! En effet, 25 kilomètres de montée descente usante m'attendent. Je veux absolument rallier les Météors avant la nuit, pour m’octroyer un peu de repos le lendemain... Je pédale et pédale encore... enfin, ça descend de nouveau et j'aperçois au loin les fabuleux rochers des Météors. “Kastraki”, je m’engage dans ce village qui se trouve au pied. Je me dis que peut être dans ce coin plus touristique il y aura quelque chose d’ouvert pour me reposer et surtout PRENDRE UNE DOUCHE.

Je file sur la petite route du village, la nuit est presque tombée et au bout de la route, après près de 95 kms, il y a là, un camping, ouvert. A l’entrée, la maison principale du propriétaire et de l’autre côté une petite maisonnette. John Lenon, enfin son sosie Grecque, la trentaine, y est assis et fume son clope tranquille. Mon vélo le fait bien marrer. La conversation s’engage tout de suite, et on échange deux trois mots avant que le patron arrive... Je suis d’accord avec les conditions... 9euros la nuit et un caffé offert le matin!!! de toute façon je n’ai plus la force d’aller voir ailleurs.

pa229315.jpgL'un des monastères perché des Meteora qui surplombe le village de Kastraki.

Malgré cet accueil simple, et chaleureux, je suis fatigué. Fatigué mentalement et physiquement.
Ce mois de vendange, “toxique” au final m’a sorti du voyage et le retour en Grêce m’a mis de sérieux doutes sur la réalisation de la suite. Ces dernières nuits froides m’ont rappelé à quel point traverser l’est de la Turquie en plein hiver, par des températures négatives et de la neige, un défi trop ambitieux pour moi! Et puis il y a des moments où malgré la générosité des gens croisés, leurs sourir... les potes et la famille manquent un peu plus... Voyager seul apparait bien tristoune.
Ma motivation sur la suite du voyage en a pris un sérieux coup! C’est l’esprit bien tourmenté et démoralisé que je m'endors ce soir là.

Sommeil, gastronie Grecque, mails chaleureux et petit coup de pouce de mon étoile bienveillante sauront redonner toute la magie que le voyage sait apporter.

 

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Commentaires

Salut Mickaël,
Joli récit ! Content que mes compatriotes t'aies réservés un accueil chaleureux ! La photo des Météores est magnifique, j'espère que la suite sera du même acabit !
Bon trip, garde la frite
F

Allez Mickael, ne t'arrête en si beau chemin. Il faut poursuivre l'aventure.

Maintiens le cap, Mickaël! Aux pays des dieux et des philosophes, ce serait dommage de s'arrêter maintenant. Courage, courage... (PS: Tes photos me rapellent mon premier voyage en solo, en Grèce, jusqu'aux Météors justement).

J'admire ton courage ! Bravo mais garde le moral, la Grêce et ses vignobles de Corinthe et Nauplie et ses iles, te réservent de belles surprises !
Le Beaujolais s'est paré de belles couleurs.... et le Primeur est annoncé pour le 23 !
Colette

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