Mont-Blanc

Trois potes à 4810 m...

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Plus d’un mois et demi que je le guette... capricieux, plus sauvage qu’il n’y parait... Enfin, en ce début Juillet, les conditions sont là, Pierre et Gerhard sont libres pour cette belle ascension.

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Je ne veux pas le faire par la voie normale française, sûre, mais sur-fréquentée. Dans le sens de mon voyage, je veux faire la traversée depuis le versant italien, sauvage... et redescendre côté français... Un beau voyage transfrontalier... et donc une logistique vélo-voiture forcément plus compliquée !?!?

J’ai laissé une partie de mes affaires au téléphérique de Beudon et retourne en France par les cols de la Forclaz et des Mottets, cette fois en train, la ligne Martigny > Chamonix.

Mon billet de train “passager+vélo” en poche... trop simple !!!! Côté Suisse, sourire, rapidité, efficacité, il suffit de mettre son vélo dans le train et de laisser faire... Au “Chatelard” le gare frontière, tout se complique!
La partie Française de la ligne est en travaux... les bus SNCF prennent le relais, alors forcément la fréquence des passages et la fiabilité sont limitées!

Une heures et demie plus tard, les cars vides débarquent, nous sommes une quinzaine à attendre.
Et là “Interdiction formelle de charger des vélos... pour raison de sécurité!?!” On sait jamais, un déraillement incontrôlé en soute ça peut faire de gros dégâts?!?
Le chauffeur et le contrôleur trop heureux d’exercer leurs petits pouvoirs de chef... exercent tous leurs talents de mauvaise fois, ils ne veulent rien savoir ... Avec son air hautin le contrôleur ne cesse de me répéter “Je vous emmène ... mais le vélo il reste là”... AAAH! La version Chevalier-Laspalesse en beaucoup moins drôle!

C’est sans compter qu’aucune des quatre personnes de la SNCF ne parle une autre langue que le Francais! et ne connait la fonction sourire sur son visage! Des Canadiens et un Néo Zélandais ont toutes les peines à se faire comprendre... Je m’excuse auprès d’eux de cet accueil, j’ai vraiment honte de mon pays...

En attendant, je suis contraint de rester sur le bas côté. Excédé, car il est déjà tard, j’enfourche mon vélo, un billet SNCF payé en poche pour repasser le col des Mottets, destination Chamonix.

Passons...

C’est la ruée des vacanciers sur les routes et les gars ne sont pas en avance. Affamé, je craque pour un bon morceau de viande et des frites. Les gars me rejoignent. Une nuit reposante en vallée, avant de filer versant Italien.

Mont-Blanc par la Voie des Papes... Voie “normale” Italienne.
Samedi 6, et dimanche 7 juillet.

Nous montons aujourd’hui au Rifugio Gonella, depuis le fond du Val Vény. 1300m de dénivelés mais une longue distance à parcourir.
Ce versant, pour moi le plus beau du Mont-Blanc est sauvage, ici pas de petit train ou de téléphérique... Un pas devant l’autre est la seule manière de découvrir ses glaciers tourmentés et ses refuges perchés.

Le soleil est au rendez-vous, encore une dure journée en perspective!!! Nous garons la voiture non loin de l’endroit où dix jours avant j’étais venu en repérage à vélo. Le Val Vény était alors si calme... Juillet a fait son oeuvre.

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Les sacs sont bouclés et nous attaquons en compagnie des nombreux randonneurs et montagnards... Un peu juste en eau, la première étape est de trouver la source??? Tentative à même la glace?! Les gars sont confiants... je suis plus septique! de l’eau trouble pleine de sable, ça ne me dit rien qui vaille pour la digestion du lendemain?!?

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Heureusement Pierrot trouve plus haut The source...
Nous pouvons poursuivre le long de ce glacier du Miage sereinement. l’endroit est féérique... Quelques cabanes sont perchées un peu partout, sur ces piliers, peu visitées, elles sont l’oeuvre de nos Anciens, talentueux aventuriers.

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Une petite pose casse-croute pour se délester, avant d’attaquer la sente raide et escarpée qui mène au refuge.

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Un dernier névé et on peut se poser au refuge admirer la vue et le sommet... Il peut paraitre tout proche! mais ne vous y trompez pas... c’est plus long et compliqué qu’il n’y parait?!

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Le gardien vient nous saluer d’une poignée de main et échanger quelques mots... Ca dénote avec le Goûté de l’autre côté !... Ce refuge est tout neuf, charmant, calme, nous sommes une bonne vingtaine ce soir. Nous apprécions la cuisine Italiennne, même si un peu plus aurait été top?! Les petits coups de blancs que nous offrons aux gardiens n’y font rien...

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Petit Dej à Minuit? Dit-il? Une blague... non non. Bon bas il reste pas longtemps à dormir!

Minuit, un thé, une biscotte... et c'est le départ pour une longue... longue journée! qui se terminera pour Pierre, le lendemain (lundi mtin ... très tôt !?!?).

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Nous ne sommes pas les plus rapides, les guides font la trace. Le regèle est excellent. Nous sommes bien content que la trace ai été faite les jours précédents, car en pleine nuit noire, et seuls, ça n’aurait vraiment pas été simple. La trace chemine entre des crevasses si béantes que pour certaines, même des 38 tonnes pourrait s’y perdre!!! Je comprend mieux l’horaire matinale de départ, car pour ceux qui redescendent par cet itinéraire plein sud, il est préférable de ne pas attendre que la neige ait trop chauffée!. Certains ponts de neige me semblent bien limites... personnellement je n’aurais aucune envie de passer par là à la descente.

La nuit est encore sombre, quant nous rejoignons le piton des Italiens et l’arête qui mène au Dôme du Gouter. Le premier 4000 de la journée.

Le pas est lent, l’altitude se fait sentir. Le petit vent est mordant et le lever du jour est frisquet.

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Nous ne sommes pas en retard et faisons une halte à l’Abri Vallot, 4300m... La déchetterie la plus haute de France!!! Ca se visite! Tout y est et surtout l’odeur... et là on ne peut pas dire que ce soit les chiens qui ont pissé partout! Un peu honteux!

Pierre cherche désespérément un petit truc à laisser, pour se délester!!!??? en vain.

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Certains ne semblent pourtant pas incommodés, et dorment à point fermé!

Il est temps de repartir, le sommet n’est plus qu’à deux petites heures, mais l’altitude sait miner le moral du plus motivé lorsque l’acclimatation est un peu juste.

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Pas après pas nous progressons. Le paysage est splendide. Les Alpes sont à nos pieds.

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p7077507.jpgChamonix tout en bas dans le vallée. L'Aiguille du midi, le Mont Blanc du tacul et le Mont Maudit.

C’est le sommet... Je suis vraiment heureux. Une belle voie qui me tenait à coeur avec Pierre et Gérhard, deux très bons amis.

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Embrassades, photos souvenirs et je sors de quoi trinquer à notre santé, à cette belle aventure et à Bacchus...

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Là-haut les arômes sont purs, le Riesling x Sylvaner 2001 du domaine de Beudon un délice emprunt de notes de miel, le Grain cinq 2012 de Marie-Thérèse Chappaz une exaltation de fruits...

Les bouteilles font sourire les summiters de passage. Parmi eux, Mr Gabarou qui arrive avec des clients juste après nous.

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La suite du Baïcchus Tour se dévoile plein est... peut être le Cervin ?, s’ il daigne se dégarnir un peu de sa gange de neige et de glace, particulièrement tenace cette année.

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Nous reprenons le chemin de la descente, direction la voie normale, côté Francais. Une longue longue descente s’amorce.
Il est déjà 11h00, quand nous atteignons de nouveau Vallot et ses nomades célestes... L’occasion de croiser ces extraterrestres que l’on ne croise qu’ici. Certains piquent un somme à même la neige, à 4000, tranquilles!?! d’autres seuls, en tennis et clous antidérappants aux pieds chemine vers le sommet, l’air déjà bien entamé à l’heure ou tout le monde descend.

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Et nous en croiserons d’autres tout au long de la descente... Chargés comme des mulets, montant à point d’heure , bivouaquer je ne sais où! Vallot surement, the place To Be!

Il y a aussi ceux qui se tordent de nausées, victime de MAM (Mal Aigüe des Montagnes) provoquant maux de tête et vomissements.

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Un jeune, qui arrive à rallier le nouveau refuge du Gouter est bien mal... L’aspirine que lui offre Pierre ne fait qu’un aller-retour dans son estomac... pour lui se sera aller simple pour Cham en Hélico! heureusement que Pierrot à pris les choses en main! Son père qui l'accompagnait ne voyait pas où était le problème.

Gérhard, profite du luxe de ce nouveau refuge, pour se restaurer et siester! Je papote avec le jeune Guide, Simon Denièle “aide” du “Gab”. (Patrick Gabarou pour tout le monde!).
On ne le sait pas encore mais ils nous filerons un bon coup de main pour la fin de la logistique voiture!

13h30, il est grand temps de reprendre la route, il reste encore pas mal de dénivelés à faire et chopper le dernier train n’est pas encore gagné!. Mon espoir de tout redescendre à pied était beaucoup trop ambitieux.

La fatigue et le lever matinale se font sentir. La descente de l’arête du Gouter est longue et fastidieuse.

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Une fois le couloir “de la mort” traversé et les pieds à Tête Rousse, c’est encore long mais il suffit de se laisser porter par le sentier. Les nuées montent et j’ai un peu peur de me prendre la saucée avant de rallier le nid d’Aigle, la station où l’on devrait prendre le petit train salvateur.

Nous forçons le pas, effort inutile, le train est annulé, il n’y aura que celui de 19h00. Je vous la fais simple, mais en gros, ça nous oblige à descendre à Saint Gervais, alors que notre voiture est aux Houches, beaucoup plus haut dans la vallée! Gabarou et ses clients qui remontent à Chamonix, nous offrent généreusement une place pour notre chauffeur...

Avec tout ça, facile à compter, ça fait 20 heures qu’on est debout... eh ben pas mangé grand chose! Alors peu importe le prix, et notre allure, ce soir c’est resto.

Rassasiés et pourtant c’est pas fini!!! il faut encore retourner chercher l’autre voiture côté Italien et pour Pierre rentrer à Albertville! Gerhard et moi on choisit l’option, dodo à Argentière. Tout se fait même bien fatigué!

Le lendemain, Gérhard m’abandonne une nouvelle fois, pour aller au taf! et oui les gens normaux c’est comme cela qu’ils font le lundi matin.

Moi j’enfourche mon vélo, retour à Martigny, par les cols. Même pas tenté le car SNCF!!!
Finalement les jambes fonctionnent encore bien... Je file récupérer mes affaires à Beudon (Suisse), pour une nouvelle semaine en Valais, entre vigne, vélo et montagne.

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Une belle bambée montagnarde... quand on est bien accompagné le temps n’est jamais long. Merci les gars.

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