Thessaloniki > Istanbul. Une roue en occident, l’autre en Orient.

Thessaloniki...

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Mon colis d’affaires chaudes débarque à Little big House (ma Guest House à Thessalonique) avec un peu de retard... deux jours de grève à Thessalonique ont rendu la circulation en ville totalement paralysée. Une bonne excuse pour rester un peu plus longtemps avec le groupe d’étudiant en architecture qui squatte en partis la Guest House. Je passe avec eux des soirées très cool. Les conversations sont aussi vivantes et variées que les origines. L’école est basée à Hambourg mais le Master est ouvert aux archis diplômés du monde entier. Allemands, biensur, mais les nationalités vont de l’Equatorien au Chinois, en passant par la Syrie, l’Iran, l’Inde. Un chouette mélange très décontracté et drôle.
Parfois, la discussion prend des airs plus sérieux! La question Syrienne et Iranienne est une fois abordée!... Etonnantes réponses, et regards sur la révolution. S’ ils ne sont pas tendre envers leurs gouvernements, la révolution qui s’y passe ne les fait pas rêver pour autant?!
Elle a ses travers, de violence et de mort qui lorsqu'elles te sont racontées font bien relativiser sur ce moyen violent et brutal de réforme... Et surtout ceux qui en tirent les ficelles!!! Le retour du voile obligatoire n’apparait en rien une avancée pour les femmes.

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Une dernière soirée internationnale (23 nationalités!!!!) dans les cafés Thessaloniquois me contraint a profiter une dernière journée de la ville.
Je renvoie le surplus d’affaire. Et vendredi matin, de bon heure, je reprend la route, enfin l’auto-route!!! seul moyen de quitter la ville. Direction Istanbul.

Cap sur Istanbul...
Malgré la grisaille du jour et sa fraicheur, les jambes dopées au Tsipouro (pastis Grecque) ont la fritte et j’enfile 100 kilomètres dans la journée. Je pose la tente au bord de la plage. Je demande l’autorisation au pêcheur sur la plage...

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Alexandro n’est pas trop d’accord mais finalement pourquoi pas. J’ai le droit à une belle petite place. Immanquablement je suis obligé de partager un petit verre de Tsipouro, heureusement j’arrive à squeezer les suivants! Il passera la nuit a relever ses cannes à pêche, moi c’est après 11 heures de sommeil que je me lève. Il est déjà à pied d’oeuvre et me montre ses prises du matin.
Le soleil semble percé loin à l’est, parfait c’est la-bas que je file.
Petite étape entre montée-descente sur la côte et le vent qui parfois se réveil en rafale. C’est de nuit que je termine à Néo Eraklitsa. Un bar beach abandonné avec toit contre l’humidité et sa vue magnifique sur une petite île en face m’accueille pour la nuit. C’est dur le voyage?!

Au petit matin, la pluie a remplacé les étoiles!!!! motivation pas bien réveillée, j’attend que sa passe. Avec chance, les nuages se déchirent un peu en matinée. Une trentaine de kilomètres et j’attend la ville de Kavala. Je pose mon vélo sur la jeté du port, pour un déjeuner au resto bien mérité. Comme souvent la carte en alphabet grecque ne m’aide pas vraiment à choisir. J’ai faim, je demande un truc à base de viande... “Noooon!” me dis le patron. “Tu dois essayer mes poissons...” parti pour les poisson alors. Je sais pas ce que c’était mais absolument délicieux. “Pour souvenir” me dis le patron, je mange encore pour pas cher!!!

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Les nuages noircissent et il me reste encore 60 kms pour atteindre Xanthi la ville suivante.  Je file sur la grande route, cap vers l’est, cap vers les grains. Je pédale une dizaine de kilomètres sous une petite bruine. Mais au bout de 30 kms j’ai le droit à un gros grain. je suis en rase campagne, pas un truc pour s'abriter à des kilomètres à la ronde! Au fur et à mesure les grains s’intensifient. La route devient détrempée, un régale de se faire doubler par les camions?!!!! A cinq kilomètres de Xanthi, sous une pluie battante, biensur, je crève! Je n’ai pas crevé pendant 5000 kms, c’est juste la quatrième en cent kilomètres!!!!

Magie du moment, un concessionnaire Skoda est là, posé au bord de la route un peu plus loin. Je m’abritre sous un haut vent pour réparer. Je finis de nuit, sous la pluie. Ce soir c’est hotel!!! Chauffage à fond (pas très écolo!!!) pour faire sécher tout ça. Une douche chaude OUHHH!! comme c’est géniale le confort.

Au petit matin, le vent du nord a chassé la pluie. Je pars reposé vers Alexandroupoli, la dernière grande ville avant la Turquie. Plus de cent kilomètres au programme, mais je suis motivé comme jamais.

10h30, pause sms, et grignotage. Je suis un peu dans ma bulle, referme les saccoches, m’apprête à mettre mes écouteurs ... Daft Punk reste un dopant efficace le matin!
Quand deux loulous à vélo surgissent!!! Une blonde arborant un drapeau Equatorien et un brun bien bronzé! un drapeau Allemand!!!! Un truc clochait.

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Les “Where are you from ?” fusent. (D’où viens-tu?). Et je connecte. Nadine et Yvan est un couple de jeunes mariés qui passe leur “Lune de Miel” sur les routes d’Europe et d’Asie direction Singapour, et passe comme moi à Istanbul.
Yvan est Equatorien, Nadine Allemande mais “Eux”... Suisses. Et oui c’est ça le monde d’aujourd’hui.
Le feeling est tout de suite bon. On décide de faire route ensemble jusqu’en Turquie.

pb129744.jpgWhere are you from??? EQUATOR!!!

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Le rythme est cool mais que c’est bon de se marrer et de partager sa route. Etape plus courte que prévue. On s’arrête au milieu de nul part en rase campagne avant Alexandroupoli. Coucher de soleil splendide, diner délicieux et moustiques voraces. Encore une dure soirée.

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Le vent a refait sont apparition dans la nuit. Pour notre dernière journée en Grèce on luttera contre lui toute la journée, nous ralentissant pas mal. Cinquante cinq petits kilomètres de luttes plus tard, à une dizaine de kilomètres de la frontière on décide de s’arrêter et de bivouaquer. On garde le passage de frontière pour le lendemain, voyager avec un gars qui a un passeport “Equatorien” peut réserver des surprises!!!

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On s’installe assez loin de la route, un peu caché par des arbres. Pas facile dans cette partie de la Grêce peu habitée, valonnée où chaque mètre carré est voué à la culture du blé ou du cotton.

On s’installe, le vent sèche les affaires mouillées de la nuit précédente. On trouve un peu de bois pour faire un feu. Il ne fait pas si chaud. On prépare le diner, la nuit est tombée quand deux torches surgissent de nul part sur nous. On salut nos visiteurs!!! “Of course it’s the police!!!” nous lance l’un deux en anglais version accent Grecque!
D’abord courtois et cool, ils contrôlent les passeports. Nous demande d’où nous venons! blablabla... Comment? L’interrogatoire devient vite un peu reloud!!! ils font leurs taf. Ils sont étonnés que nous ne bivouaquons pas à côté de la route!!! A cause des chiens errants répond t on. Ahhh!!! mais ici vous savez il y a d’autres types de chiens errants la nuit !?! Alors vos vélos je serais pas très étonné qu’ils soient plus là demain!???? C’est évident qu’un migrant Turque, Syrien qui souhaite d’abord passer inaperçu serait heureux de pouvoir avancer plus vite de jour, en vélo volé?!!! Tellement discret. Et puis les migrants sont avant tout des voleur c’est bien connu?!
Comparer des êtres humains à des “chien errants” nous a un peu choqué!!!.

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Bon appétit!!

Au petit dej’, on a le droit à l’équipe de jour! On sent que la communication c’est leur truc chez les douaniers!!!! Cette fois les quatre débarquent mais sont nettement plus cool. On les amuse presque! Ils s’en retournent en nous souhaitant bon voyage.

Dix kilomètres plus loin c’est la vrai frontière. Sortie sans souci. Passage du pont qui marque la frontière physique ... On est en TURQUIE !

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Le déploiement des militaires côté turque ne rigole pas, je sais pas ce qu’ils défendent?!!!

Poste frontière Turque un peu plus loin. Le Douanier tamponne mon passeport. Première fois depuis que je voyage qu’un douanier blague avec moi et me serre la main pour me souhaiter la bienvenu dans son pays. Le ton était donné. Yvan n’a pas eu de soucis particulier, on peu reprendre la route. La suite, c’est une seule et unique route ou auto-route suivant les critères que l’on retient, toute droite qui mène deux cent cinquante kilomètres plus loin à Istanbul. Et on rencontre tout le monde sur cette route!!!

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pb169808.jpgPause Milka...

Le vent se fait plaisir dans ce paysage aux allures de steppe cultivée sans arbre. On l’a de côté bien entendu!!! Le paysage, les voitures, l’allure des villes, oui on a bien changé de pays. Mais les Turques sont cools, nos vélos les interpellent quand on s’arrêtent et il y a chaque soir quelqu’un pour s’inquiéter, savoir si tout va bien sous nos tentes. Parfois on nous propose même de mettre les vélo dans sa voiture jusqu’à la prochaine ville.

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On cheminera durant trois jours sur cette route à lutter contre le vent parfois la pluie, sans jamais perdre une occasion de se marrer.

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A Tekirdag, cent kilomètres avant Istanbul, on s’arrête, se réchauffer et manger un peu. Un SMS tombe, demain semi et marathon d’Istanbul. Nadine et Yvan sont triathlètes. Un semi-marathon pour se dégourdir les jambes et changer du vélo n’est pas un soucis pour eux. Je me laisse tenter. Pour cela il faut rallier Istanbul ce soir. On reprend la route pas sur du tout de trouver un moyen. On tombe sur la gare routière, un gars s’agite et appelle “Istanbul, Istanbul.... Istanbul !!!!” Et les vélos qu’on lui demande??? Ouaisouais no problem!!! On charge le tout dans les soutes en express, 8 euros le voyage et c’est parti.

Ok c’est de la triche... mais si on a pas couru pour cause de fréquentation record et de clôture des inscriptions... nous avions trouvé une excuse honorable d’échapper aux cents derniers kilomètres surfréquenté et surrement très pénibles de cette autoroute.

Le bus nous lâche à son terminus, quelque part dans cette ville géante d’Istanbul. Surprise! Nadine a crevé dans le bus?! Comme quoi tout est possible! On répare sur ce parking agiter où il y a toute les cinq minutes quelqu’un pour venir tchatcher...

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Une fois réparer, Nadine branche son GPS direction “Bonjour” la Guest House que j’avais réservé. Le GPS confond parfois escalier et rue!!! ce qui complique forcément un peu le truc mais on s’en sort... avec en prime la remontée de la rue du bazar des artisans, à vélo un soir d’affluence!!!... Pour ceux qui connaissent Istanbul, ils comprendront le défi! La question favorite des petits marchands à la sauvette de la rue.. Hé my friend, c’est une Mercedes ton vélo????

Enfin Bref on était rentré dans le vif du sujet... Une roue en Europe, l’autre en Orient.

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Commentaires

Trop top ce récit. Encore une fois, on est plongé dans l'esprit du voyage à la Mickael: Imprévu, humour, soupçon de loose (ben oui, sinon on peut pas dire "dans 10 ans la rigolade") mais toujours grosse dose de bonne étoile.
Bon vent en Turquie, tu va voir comme c'est des gens géniaux par là-bas. Faudra que je te donne les contacts des pots' de Mathilde qui habitent sur la côte de la mer noir dans les collines, mais bon, comme jusqu'ici, tu as évité soigneusement tous les filons que je t'ai refilé et que ça t'as pas trop mal réussi, je suis pas pressé!
Ciao l'ami, tiens-nous au jus!
Pierro

Toujours et encore BRAVO. T'es un vrai cyclo "Pro" maintenant. Ca se sent. Continue et bon vent (dans le dos).

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